Benjamin Netanyahu percute le plan Trump pour sauver son siège en octobre
Le 9 août 2026, Benjamin Netanyahou a jeté aux orties le plan en 15 points du « Conseil de Paix » de Trump. En boudant cette feuille de route acceptée par le Hamas, il choisit l'isolement pour souder sa coalition. Analyse d'un calcul où le maintien au pouvoir l'emporte sur l'alliance américaine.
Le Conseil de Paix de Donald Trump a déballé son document de médiation à la fin juillet 2026 pour forcer le verrou de la seconde étape. Le Hamas, à la surprise des chancelleries, avait mordu à l’hameçon le vendredi précédent, consentant à rendre les armes contre le départ des troupes qui quadrillent plus de 60 % de l'enclave. L’émissaire Nikolaï Mladenov s’est dépêché lundi à Jérusalem pour jurer que pas un brodequin ne quitterait le sable avant un désarmement « complet » et vérifié. Peine perdue: au cours d'une séance du cabinet de sécurité, le Premier ministre a exigé un désarmement « véritable » comme préalable absolu, gelant ainsi les positions de Tsahal sur le terrain.
Dans les couloirs de la Knesset, le vacarme des alliés naturels de la coalition couvre les appels au calme de Washington. Betsalel Smotrich, ministre des Finances, et Orit Strock, chargée de la Colonisation, ne se contentent plus de menacer; ils exigent désormais un nouveau vote sur ce plan qu'ils jugent dénaturé par les concessions faites au mouvement islamiste. Pour ces gardiens du dogme territorial, l'idée même de lâcher un pouce de terrain avant l'effacement total du Hamas relève de la trahison pure et simple. Benjamin Netanyahou, funambule en sursis, a dû ajourner la réunion du cabinet de sécurité initialement prévue mardi, officiellement pour se concentrer sur la bataille des primaires du Likoud qui fait rage.
Tal Elovits, chercheur au centre de réflexion Molad, y voit une manœuvre de campagne limpide destinée à verrouiller l'électorat le plus dur avant le scrutin crucial du 27 octobre 2026. Le Premier ministre n'est plus un moteur de paix, mais un frein qui se refuse à mettre la moindre proposition alternative sur le tapis diplomatique. Il joue la montre alors que sa popularité s'effrite, préférant braver l'oncle Sam plutôt que de voir sa majorité s'évaporer sous les coups de boutoir de ses propres ministres. En coulisses, l'influence d'un mystérieux parieur sur la plateforme Polymarket, qui mise des sommes colossales sur sa victoire, alimente les conversations sur la survie miraculeuse du « Magicien » de Jérusalem.