Engie refile ses vieilles carcasses nucléaires sur le dos des Belges
À Paris, l’action Engie culmine à 26,59 euros, portée par un bond de 46 % en un an. Catherine MacGregor peut sourire: elle a signé, le 30 avril 2026, une lettre d’intention qui ressemble à un miracle comptable. Pendant que la Bourse applaudit ce désengagement, à Bruxelles, Bart De Wever s’apprête à récupérer sept réacteurs fatigués, dont les premiers furent mis en service en 1975. C’est une opération de débarras: pour un chèque forfaitaire de 15 milliards d’euros, le groupe français abandonne les clés, les déchets et les fissures au contribuable belge. On appelle cela, parait-il, de la souveraineté. Ce forfait fige l'ardoise d'Engie, la mettant définitivement à l'abri des réévaluations triennales qui empoisonnaient ses bilans. L'ONDRAF pointe déjà un écart de 4 milliards d'euros dans les provisions, mais l'État préfère ignorer le gouffre pour s'offrir un mirage de contrôle. En suspendant le démantèlement par décret, la coalition Arizona parie sur la résurrection de reliques comme Tihange 1, au risque d'exploser les budgets de maintenance. C'est une décharge transformée en trésor national. On vise le 1er octobre 2026 pour sceller le protocole définitif. Dans les couloirs du ministère de l’Énergie, on s’agite, mais les rangs s’éclaircissent. Mathieu Bihet a vu son chef de cabinet démissionner en plein bras de fer, laissant Pierre Brassinne reprendre les dossiers au débotté face aux experts d’Engie qui pratiquent l’atome depuis quarante ans. C’est un duel entre un propriétaire de paquebot qui veut saborder sa vieille flotte et un acheteur qui n'a jamais tenu la barre. « Nous ne devons pas acheter chat dans un sac », prévient Maxime Prévot depuis Pékin. Trop tard: le sac est déjà sur la table, et l’État accepte d’y fourrer non seulement les réacteurs, mais aussi tout le personnel et des filiales spécialisées dont il devient l’unique patron. Les patrons flamands du Voka et les gros bras de Febeliec pou…
La négligence humaine brave l'alerte rouge des massifs wallons
Ce mercredi 29 juillet 2026, le thermomètre franchit les 30 degrés et le CORTEX fait basculer la Wallonie en alerte rouge pour les milieux ouverts. J'ai vu la terre craqueler sous un soleil de plomb, rappelant l'été 2018, pendant que les provinces de Liège, Namur et Luxembourg se transforment en véritables poudrières végétales. À Gedinne, il a fallu soixante pompiers et des renforts français pour fixer sept hectares de résineux partis en fumée à la Croix-Scaille. On interdit, on prévient, mais la fumée des bivouacs clandestins continue de narguer les arrêtés de police du gouverneur Denis Mathen. La bêtise humaine est un combustible que même l'alerte rouge ne parvient pas à refroidir. Cette bêtise est une statistique: neuf sinistres sur dix naissent d'une main distraite ou d'un mépris souverain pour la règle. À Furfooz, il a fallu pomper l'eau de la Lesse pour sauver deux hectares de réserve naturelle, tandis que les drones survolaient les cendres de Viroinval. On jette encore des mégots par les portières et l'on gare des moteurs brûlants dans les herbes hautes. Vincent Verrue, du DNF, l'avoue sans détour: face à cet entêtement, personne ne peut prétendre que nous sommes prêts. Voyez Bertrix, où l'on s'apprête à accueillir trente mille curieux pour la « Demo Forest », malgré le ciel qui menace de s'embraser. Cent soixante-dix exposants vont faire vrombir leurs machines sur un parcours de quatre kilomètres tracé en pleine forêt publique. Natacha Perat, la coordinatrice de cette kermesse sylvestre, assure que les abords sont débroussaillés et que l'interdiction de fumer sera surveillée comme le lait sur le feu par les agents du DNF. C’est une curiosité unique en Europe de voir ces engins en action réelle, mais le risque, lui, n'a rien d'un spectacle pour des services de secours déjà sur les dents. À la Croix-Scaille, le travail de Sisyphe a débuté sous un vent qui s'obstine à souffler sur les cendres. Patr…
En voulant fuir la fournaise, l'Europe s'enferme dans le piège des climatiseurs chinois
L'Europe suffoque. Alors que des incendies ravagent le sud du continent, de la Grèce à la France, des records de température sont battus dans des régions autrefois tempérées. Le réflexe est immédiat : une ruée vers les climatiseurs pour échapper à la fournaise. Or, cette quête de soulagement individuel alimente une dépendance collective. Les appareils des géants chinois Midea, Haier et Gree représentent près d'un tiers du marché européen. Un site web allemand, créé pour suivre en temps réel les stocks d'un modèle Midea, est même devenu viral, symptôme de l'ampleur de la demande. Notre survie estivale s'achète désormais à Pékin. Ce soulagement immédiat est une défaite stratégique. Au moment même où l'UE dénonce son déficit commercial record avec Pékin, qui a atteint 360 milliards d'euros l'an dernier, elle aggrave sa dépendance. En saturant ses réseaux électriques avec des appareils énergivores, l'Europe ne résout rien: elle troque une crise climatique contre une vulnérabilité géopolitique et une facture énergétique future. La pression sur les infrastructures est déjà palpable. Aux États-Unis, une vague de chaleur similaire a mis les réseaux électriques à genoux, forçant l'opérateur PJM à décréter une alerte pour réduire la consommation dans une région couvrant des dizaines de millions de personnes. Les prix de gros de l'électricité ont bondi, de plus de 243 % en Nouvelle-Angleterre à 101 % à New York. En Virginie, un comté abritant 37 centres de données a demandé à ses écoles publiques d'éteindre les lumières pour économiser l'énergie, illustrant l'absurdité de priorités énergétiques contradictoires. L'Europe, avec son parc immobilier souvent ancien et mal isolé, n'est pas mieux préparée à ce choc de la demande. Cette solution de facilité est aussi un reniement climatique. L'Allemagne, moteur économique du continent, a vu ses infrastructures paralysées et ses routes se fissurer …