Dix-neuf communes, deux autopompes: l’impuissance du SIAMU, fiction administrative.
Samedi 25 juillet 2026, trente-sept pompiers seulement veillent sur un million de Bruxellois. Ce contingent dérisoire ne permet de mobiliser que deux échelles pour dix-neuf communes. Cette arithmétique du vide interroge la survie du service public face à un sous-effectif que les promesses budgétaires ne masquent plus.
Tout a basculé le 21 juillet 2026, jour de fête nationale où le front commun CGSP, ACV et SLFP a cessé de faire semblant. Ce n'est pas un coup de tête, mais l'aboutissement d'un mépris cuit à feu doux: on a imposé les 38 heures sans embaucher un seul bras pour compenser le repos des autres. Déjà, le 31 décembre dernier, les casernes avaient crié famine d'effectifs dans le silence de la Saint-Sylvestre.
La centrale 112 ne fonctionne plus qu'à moitié, tandis que la couverture médicale s'effondre à 60 % de sa capacité. On impose des mutations sans mot dire et on menace de supprimer les congés des 2 et 15 novembre pour boucher les trous d'un cadre qui prend l'eau. Dans l'ombre de la tour OXY, où six corps ont été retirés des décombres le 14 juillet, le personnel refuse désormais les évaluations annuelles qui servent de cravache à une direction aux abois.
Patrick Giebens, délégué CGSP, a sorti son ardoise pour doucher l'enthousiasme ministériel. Le gouvernement promet quarante engagés avant les frimas de décembre, mais le calcul est une grimace: soixante à soixante-dix pompiers quitteront le service sur la même période. C’est une baignoire dont on ouvre le robinet à moitié alors que la bonde est grande ouverte. Le solde net est une saignée. On remplace des vétérans par des promesses, et le cadre opérationnel s'effiloche comme une vieille corde de chanvre.
Steven Gilissen, de l'ACV, a flairé le tour de passe-passe budgétaire. Ces dix millions d'euros, jetés comme un os à ronger, risquent de retourner dans les coffres de la Région à la fin de l'exercice. Pourquoi?