Cette affaire est bien plus qu'une anecdote. Elle révèle une FIFA « perméable aux ingérences », pour reprendre les mots de la ministre des Sports Jacqueline Galant, qui s'est dite « scandalisée » par la décision. En cédant à la demande expresse de Donald Trump, l'instance a troqué l'équité sportive contre la manœuvre politique. La victoire belge n'était donc pas seulement un exploit; c'était une restauration. Celle de la simple justice du terrain face aux caprices du pouvoir.
L’affaire a commencé par une entorse au règlement. Exclu sur carton rouge lors du seizième de finale contre la Bosnie-Herzégovine, l’attaquant américain Folarin Balogun n’aurait jamais dû affronter la Belgique. Mais la veille du duel, la FIFA a levé sa suspension sur « demande expresse du président américain Donald Trump ». Face à cette décision qualifiée d’« incompréhensible », la ministre des Sports Jacqueline Galant a annoncé vouloir porter le débat sur la bonne gouvernance des fédérations sportives au niveau européen. L’ingérence n’était plus une rumeur, mais un fait politique assumé.
Sur la pelouse du Lumen Field de Seattle, la réponse fut brutale: 4-1. L'attaquant gracié par le pouvoir politique fut aussi inoffensif que ses coéquipiers, aucun n'étant au niveau d'un huitième de finale de Coupe du monde. Les Diables Rouges ont méthodiquement déconstruit l’ambition d’un pays organisateur, démontrant que la victoire se décide encore à onze contre onze. La vérité du terrain a simplement corrigé l'arrangement des bureaux.
Le dernier mot est revenu aux joueurs, dans l'intimité du vestiaire. Au son de « On met la patate » d’Average Rob, ils se sont filmés en imitant la « Trump Dance », ce déhanché caractéristique du président américain lors de ses meetings. Plus qu'une célébration, ce fut un acte de dérision, un « troll de qualité » pour clore un épisode où le football a été pris en otage avant de reprendre ses droits.
Cette complaisance de la FIFA envers Donald Trump n'est pas un événement isolé. En décembre 2025, le président de l'instance, Gianni Infantino, lui avait décerné un « prix de la paix » sur mesure, une distinction dont personne n'avait jamais entendu parler auparavant. Ce geste avait déjà été perçu comme un signe d'allégeance. L'annulation de la suspension de Balogun n'a fait que confirmer une proximité qui pose question.
L'élimination du pays hôte a produit un verdict financier immédiat. Le prix des billets pour le quart de finale Belgique-Espagne s’est effondré sur le marché de la revente. D’après les chiffres de la plateforme TickPick, le billet le moins cher est passé de 2 950 dollars à 1 200 dollars en quelques heures, soit une chute de près de 60 %. L’engouement local, soutenu par la politique, s’est évaporé avec la défaite. Le marché, lui, a rendu son jugement.
Donald Trump voulait une démonstration de force américaine; il a provoqué la chute des prix des billets et une leçon de football belge. La politique a ses raisons que le sport ignore superbement. Vendredi, contre l'Espagne, les Diables ne joueront pas pour un prix de la paix taillé sur mesure, mais simplement pour une place en demi-finale.