La négligence humaine brave l'alerte rouge des massifs wallons
Ce mercredi 29 juillet 2026, le thermomètre franchit les 30 degrés et le CORTEX fait basculer la Wallonie en alerte rouge pour les milieux ouverts. J'ai vu la terre craqueler sous un soleil de plomb, rappelant l'été 2018, pendant que les provinces de Liège, Namur et Luxembourg se transforment en véritables poudrières végétales. À Gedinne, il a fallu soixante pompiers et des renforts français pour fixer sept hectares de résineux partis en fumée à la Croix-Scaille. On interdit, on prévient, mais la fumée des bivouacs clandestins continue de narguer les arrêtés de police du gouverneur Denis Mathen. La bêtise humaine est un combustible que même l'alerte rouge ne parvient pas à refroidir.
Cette bêtise est une statistique: neuf sinistres sur dix naissent d'une main distraite ou d'un mépris souverain pour la règle. À Furfooz, il a fallu pomper l'eau de la Lesse pour sauver deux hectares de réserve naturelle, tandis que les drones survolaient les cendres de Viroinval. On jette encore des mégots par les portières et l'on gare des moteurs brûlants dans les herbes hautes. Vincent Verrue, du DNF, l'avoue sans détour: face à cet entêtement, personne ne peut prétendre que nous sommes prêts.
Voyez Bertrix, où l'on s'apprête à accueillir trente mille curieux pour la « Demo Forest », malgré le ciel qui menace de s'embraser. Cent soixante-dix exposants vont faire vrombir leurs machines sur un parcours de quatre kilomètres tracé en pleine forêt publique. Natacha Perat, la coordinatrice de cette kermesse sylvestre, assure que les abords sont débroussaillés et que l'interdiction de fumer sera surveillée comme le lait sur le feu par les agents du DNF. C’est une curiosité unique en Europe de voir ces engins en action réelle, mais le risque, lui, n'a rien d'un spectacle pour des services de secours déjà sur les dents.
À la Croix-Scaille, le travail de Sisyphe a débuté sous un vent qui s'obstine à souffler sur les cendres. Patrice Liétart, qui a vu le feu de près, explique que le mal reste tapi dans les galeries souterraines, prêt à bondir à nouveau au moindre courant d'air. Il faut retourner le limon, point par point, pour étouffer les foyers invisibles qui couvent sous la terre. Le Comité de coordination des renforts interzonaux a dû dépêcher quatre camions-citernes de quatre mille litres pour épauler les hommes de Dinaphi et du Luxembourg. On a même sorti les girobroyeurs pour ouvrir des sentiers là où la végétation est trop dense pour les tuyaux, tandis que l'hélicoptère de la police fédérale multiplie les largages sur les zones inaccessibles.