Je conteste cette illusion sécuritaire. En imposant le balayage automatisé des messages, l'Union européenne déploie une surveillance de masse sous couvert de protection. Les victimes elles-mêmes rejettent ce modèle.
L'initiative MOGiS e.V., voix des survivants, dénonce la destruction de ses canaux de communication protégés. Sans chiffrement, la peur l'emporte. L'outil conçu pour traquer les bourreaux finit par isoler ceux qui tentent de les dénoncer.
Le dispositif fouille l'intimité. Les géants de la technologie, comme Meta, Google et Microsoft, conservent l'autorisation d'analyser les courriels, les photographies et les messages directs. Ils opèrent sans mandat judiciaire et sans soupçon préalable.
Le Parti populaire européen a imposé le retour de cette mesure avant la pause estivale. Le vice-président du parti, Tomas Tobé, a justifié cette urgence devant l'hémicycle. Il refusait de partir en congé en laissant les enfants sans protection. La formule frappe. Elle masque le naufrage du système.
Les chiffres officiels contredisent la promesse politique. L'Office fédéral de police criminelle allemand (BKA) a disséqué les alertes générées par ces algorithmes. Le constat est clinique.
48 % des signalements transmis aux autorités ne relèvent d'aucune infraction pénale. Pire, 40 % des enquêtes déclenchées ciblent les mineurs eux-mêmes. La Commission européenne reconnaît l'absence de preuves. Elle admet que l'analyse aveugle des messages privés n'a pas augmenté les condamnations ni secouru davantage de victimes. La machine s'effondre sous le poids de ses propres erreurs.
Les survivants rejettent cette sous-traitance sécuritaire. Marcel Schneider a traîné Meta en justice contre le déploiement volontaire de ce contrôle. Ce survivant conteste l'idée qu'une entreprise privée puisse prévenir les abus par la surveillance de masse.
Il réclame des actes. Il exige la suppression du matériel à la source, un travail policier proactif sur le Darknet et des applications conçues pour la sécurité des enfants. L'industrie technologique choisit la facilité. Elle scrute nos vies privées.
La Commission européenne reconnaît l'absence de preuves liant ce balayage aveugle à une hausse des condamnations pénales. Les négociations pour le règlement définitif reprendront en septembre 2026. En s'obstinant à fouiller les correspondances de 450 millions de citoyens, l'Europe manque sa cible. Elle brise le seul bouclier numérique qui permettait encore aux victimes de dénoncer leurs bourreaux.